NOUVEAUTES

Les dernières monnaies mises en ligne sont énumérées ci-dessous. Vous pouvez les consulter dans la liste ci-contre en cliquant sur le lien correspondant.

Août 2014
Alain IV : deux nouveaux deniers à la croix rosacée pour Rennes (Jézéquel 19 et 21).
Conan IV
: un nouveau lien pour ce duc avec un rare denier (Jézéquel 30).
Monnayage anonyme du XIIe siècle
: un denier pour Rennes (Jézéquel 37).
Philippe Auguste
: un nouveau lien avec un rare denier pour Rennes (Jézéquel 38).
Comté de Penthièvre
: dix-neuf deniers de Guingamp (Jézéquel P1 à P12).
Anonymes aux armes de Dreux
: un denier et une obole pour Guingamp (Jézéquel 63 et 65).
Arthur II
: deux deniers et une très rare obole à l'échiqueté de Dreux au franc-quartier de Bretagne à quatre mouchetures pour Nantes (proche Jézéquel 78 b et 80), un denier et une très rare obole pour Limoges (Bellat T1 et T3).
Jean III
: un double-denier à la légende BR IT dans le champ du droit (proche Jézéquel 91 b), un rare denier pour Limoges (Bellat T7).
Jean III et Isabelle de Castille
: un très rare denier pour Limoges (proche Jézéquel L2).
Charles de Blois
: un très rare gros (proche Jézéquel 102 a), un double-denier avec dans le champ BRIT entre une couronne et un pseudolis (Jézéquel 109 a), un denier pour Rennes (proche 137 h), un rare double-denier à la légende BRIT TONV pour Nantes (Jézéquel 150), un double-denier à la légende BRIT TONV pour Rennes (Jézéquel 151).
Jean IV
: un très rare double-denier à la légende BRIT TONV pour Brest (Salaün 18), un rarissime denier au châtel tournois pour Brest (Salaün 86), un double-denier pour Guérande (Jézéquel 182), deux rares doubles-deniers à la légende DVX dans le champ du droit (Jézéquel 188 c), un double-denier inédit pour Nantes (proche Jézéquel 190), un rarissime double-denier à la grande fleur de lis dans le champ (Salaün 231), un nouveau blanc pour Vannes (Jézéquel 275 a).
Jean V :
un denier à l'hermine passant pour Nantes (proche Jézéquel 383 d), un gros aux trois mouchetures pour Nantes (proche Jézéquel 352), une florette pour Vannes (proche Jézéquel 358 a).


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Présentation

« La Bretagne est, par sa numismatique, une des plus riches provinces de France. Pendant onze siècles, les princes bretons, sous le nom de rois, de comtes et de ducs, maintinrent leur indépendance, et cette longue période nous a légué de nombreux types de monnaies »
Alexis BIGOT, préface à l'Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne, Paris, 1857

Cette longévité que mentionne Bigot,  permettra une production monétaire riche et variée. Certaines monnaies vont ainsi s'inspirer de types royaux, du monnayage anglais ou flamand, alors que d'autres constitueront des types originaux. A ce titre, il est à noter que dans l'espace français, la cadière d'or d'Anne de Bretagne, monnaie frappée à Nantes, fut la première pièce portant une date (1498).

Les monnaies féodales bretonnes que je présente sur ce blog, et qui sont toutes issues de ma collection, permettront d'apercevoir une petite partie de ce formidable et passionnant monnayage.

Les différentes pages sont accessibles via les liens (en bleu) de la colonne de gauche. Pour avoir une vue agrandie de chaque monnaie, il suffit de cliquer sur les photographies. Le diamètre de chaque pièce est mesuré au plus large de celle-ci.

Sauf mention contraire, les textes en italiques pour chaque règne, ainsi que la description des monnaies sous les photos, sont tirés de Yannick Jézéquel, Les monnaies des comtes et ducs de Bretagne, Xe au XVe siècle, paru aux éditions Maison Florange en 1998. C'est à ce jour le catalogue le plus complet et le plus récent concernant le monnayage médiéval breton.

Pour certaines monnaies il sera fait référence à d'autres ouvrages : Alexis Bigot, Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne, Paris, 1857;  Gildas Salaün, Répertoire raisonné des monnaies de la guerre de succession de Bretagne (1341-1365), édité par la Société Bretonne de Numismatique et d'Histoire en 2000; Typhaine Bellat, Les monnaies de la vicomté de Limoges durant la domination bretonne (1275-1360). La collection du Musée Dobrée à Nantes, édité par l'Association Numismatique Armoricaine en 2012.

Certaines monnaies bretonnes se sont inspirées des monnaies royales françaises, la référence sur le sujet sera l'ouvrage de Jean Duplessy, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XI (987-1793), tome I, paru aux éditions Maison Platt en 1999.

Enfin il sera également fait mention de nombreux articles parus dans les Annales de la Société Bretonne de Numismatique et d'Histoire (SBNH) ainsi que dans le Bulletin de la Société Française de Numismatique (SFN).

Bonne visite ! 

Heaume du duc de Bretagne François II

Evènements clés de l'histoire de Bretagne

Préhistoire :
Néolithique (3500 - 1500 avant Jésus-Christ) : apparition de la civilisation des mégalithes qui couvre la Bretagne de monuments pendant 2000 ans.

Protohistoire :
A l'époque celtique (625 - 1er siècle avant Jésus-Christ), on ne parle pas encore de Bretagne. Le territoire de l'actuelle Bretagne fait partie de l'Armorique, vaste fédération de peuples celtes réunis sous l'appellation de « confédération armoricaine », s'étendant de Pornic près de Nantes à Dieppe au nord du pays de Caux.

Le territoire est occupé par cinq peuples principaux :

- les Coriosolites (situés dans l'est de l'actuel département des Côtes-d'Armor, dans l'ouest de l'Ille-et-Vilaine et le nord-est du Morbihan),
- les Namnètes (résidant dans l'actuel département de Loire-Atlantique, en rive droite de la Loire),
- les Osismes (localisés dans l'actuel département du Finistère et la partie ouest des Côtes-d'Armor et du Morbihan),
- les Redones (résidant dans l'est de l’actuel département de l’Ille-et-Vilaine),
- les Vénètes (situés dans l’actuel Morbihan).

Antiquité gallo-romaine :
Le territoire de la future Bretagne, comme toute l'Armorique, fut conquis par les romains lors de la guerre des Gaules (1er siècle avant Jésus-Christ).
Le départ des légions romaines au Ve siècle favorisant les invasions angles et saxonnes venues de Germanie ainsi que les raids des Scots d’Irlande et des Pictes d’Écosse, les Bretons de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) émigrent massivement vers l’Armorique, distante d’un ou deux jours de mer, entre le VIe et le VIIIe siècle.
Ils ont donné leur nom à cette région, qui s'est longtemps appelée « Petite Bretagne » ou Bretagne continentale, par opposition à leur île d'origine.

Moyen-âge :
Ces immigrés d'outre-Manche doivent faire face aux tentatives de mainmise des puissants voisins francs, mérovingiens, puis carolingiens. A la suite de longues décennies de luttes, les souverains bretons Nominoë et Erispoë parviennent à tripler la superficie de leur territoire et à constituer un royaume dont les limites définitives seront fixées par le traité d’Angers en 851.

A la mort du roi Alain Ier « le Grand » en 907, les grandes dynasties (Cornouaille, Rennes, Nantes…) s’affrontent pour le contrôle du territoire breton. Les envahisseurs vikings profitent de la situation et s’ensuivent 32 ans de conflit qui auront pour principales conséquences l’exil d’une partie importante des communautés religieuses, la perte des territoires conquis entre 851 et 867 (Cotentin, partie de l’Anjou…) et la transformation du royaume en duché.

Reconstituée par le duc Alain II, dit Barbetorte et ses successeurs, la Bretagne est ainsi un duché qui reprend globalement les limites du traité d'Angers.
Les ducs continueront toutefois d’exercer les prérogatives royales de leurs prédécesseurs et maintiendront des alliances tant avec la famille royale française qu'avec la famille royale anglaise.
Dans le jeu de liens féodaux, la Bretagne devient ainsi un enjeu important entre le roi d'Angleterre (qui revendiquait le trône de France) et le roi de France.

Du Xe au XIVe siècle, malgré les conflits dynastiques et les interventions françaises et anglaises, les ducs de Bretagne parviennent à renforcer l’unité et l’administration de leur territoire jusqu’à la guerre de succession de Bretagne, qui débute en 1341. Le titre ducal est alors revendiqué par deux candidats : Charles de Blois, époux de Jeanne de Penthièvre, petite-fille du duc Arthur II par son premier mariage et Jean de Montfort, fils issu du deuxième mariage d’Arthur II.
L'arbitrage du roi de France, Philippe VI, est favorable à Charles de Blois, Jean de Montfort accepte quant à lui le soutien des Anglais. Après 20 ans de guerre, l'affrontement tourne en faveur des Montfort, Charles de Blois est tué en 1364 lors de la bataille d’Auray et Jean IV de Montfort monte sur le trône. Le traité de Guérande de 1381 marque la reconnaissance de la neutralité bretonne dans l’affrontement franco-anglais.

Les ducs de Bretagne, profitant des difficultés du pouvoir royal face aux grands féodaux, entretiennent comme d'autres fiefs une certaine indépendance politique vis-à-vis du roi de France, notamment à partir du XIVe - XVe siècle avec l'avènement de la dynastie des Montfort. Cette politique d'émancipation atteint son point culminant sous le règne de François II avec l'expulsion de l'administration royale.

Les nombreuses erreurs politiques et alliances contre le roi de France ainsi que l'opposition de la noblesse bretonne entraînent sa défaite en 1488 : suite à la révolte de grands féodaux contre le pouvoir royal lors de la « guerre folle », François II subit d'importantes défaites militaires en 1488 (bataille de Saint-Aubin-du-Cormier). Le traité de Sablé dit « traité du Verger » est signé par Charles VIII, roi de France, et François II le 19 août 1488. Il stipule que l’héritière du duché ne peut se marier sans l’accord du roi de France.

Fin de l'indépendance bretonne :
La dynastie des Montfort, qui régna plus d'un siècle sur une Bretagne alors en pleine prospérité, et pratiquement indépendante, finit par conclure une alliance avec la famille royale en 1491, par le mariage d'Anne de Bretagne, fille de François II, dernier duc de Bretagne, avec le roi de France Charles VIII, puis, en secondes noces avec le roi Louis XII. Leur fille Claude de France épousa François Ier, rattachant ainsi définitivement le duché de Bretagne à la couronne de France.

                                                                                
BIBLIOGRAPHIE

Vous trouverez ci-dessous les principaux ouvrages concernant la numismatique féodale bretonne, du plus général au plus détaillé. Les titres surlignés en bleu sont cliquables et mènent à des sites de numérisation ou les publications sont consultables en ligne.

Numismatique féodale
  • Boudeau Émile. Catalogue général illustré et à prix marqué de monnaies françaises (provinciales), Paris sans date.
Il y a eu de nombreuses rééditions dont celle-ci :
Boudeau II. Catalogue général illustré de monnaies provinciales - Boudeau Émile, réimpression Les Chevau-légers-CGF, Paris 2002.  
  • Caron Émile Jean Louis. Monnaies féodales françaises, Rollin et Feuardent, Paris 1882-1884.
Il y a eu de nombreuses rééditions dont celle-ci :
Caron II. Monnaies féodales françaises - Caron Émile, édition corrigée et mise à jour par Arnaud Clairand et Jean-Yves Kind, Les Chevau-légers-CGF, Paris 2002.
  • Clairand Arnaud et Prieur Michel. Les monnaies féodales, Les Chevau-légers-CGF, Paris 2005.
  • Duplessy Jean. Les monnaies féodales françaises, tome 1, Maison Platt, Paris 2004.
Il y a eu de nombreuses rééditions dont celle-ci :
Poey d'Avant II. Monnaies féodales de France - Poey d'Avant Faustin (3 tomes), édition corrigée et mise à jour par Arnaud Clairand et Jean-Yves Kind, Les Chevau-légers-CGF, Paris 2002.

Numismatique bretonne générale
Il y a eu récemment deux rééditions :
Bigot Alexis. Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne, Paris 1857, réimpression Les Presses d'Orthez, Orthez 2009.
Bigot Alexis. Les monnaies de Bretagne, réédition Monnaies d'Antan, Marseille 2010.
  • Buisson Honoré. Monnaies féodales bretonnes de Charles le Chauve à Anne de Bretagne, Périgueux 1961.
  • Coativy Yves. Monnaies de Bretagne, Skol Vreizh, Morlaix 1992.
  • Coativy Yves. La monnaie des ducs de Bretagne de l'an mil à 1499, PUR, Rennes 2006.
  • De Mey Jean. Les monnaies de Bretagne, Numismatic Pocket 10, Paris 1979.
  • Jézéquel Yannick. Les monnaies des comtes et ducs de Bretagne, Xe au XVe siècle, Maison Florange, Paris 1998.

Numismatique bretonne sur un sujet particulier 
  •  Typhaine Bellat. Les monnaies de la vicomté de Limoges durant la domination bretonne (1275-1360). La collection du Musée Dobrée à Nantes, ANA, 2012.
  • Michel Dhénin. Les monnaies des vicomtes de Limoges (XIIIe - XIVe siècles), Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, 1977, tome CIV, pages 91-104.
  • Salaün Gildas. Répertoire raisonné des monnaies de la guerre de succession de Bretagne, SBNH, Vannes 2000.
  • Salaün Gildas. Trésors de Guérande, Musée Dobrée, Honfleur 2001.

Articles sur les principaux trésors contenant des monnaies bretonnes 
  • Jean Duplessy, « Le trésor de Ruffiac (Morbihan), monnaies d’argent et de billon du XIVe siècle », Trésors monétaires III, 1981, pages 103-110. 
  • Jules Hermerel,  « Trouvaille de Vannes », Annuaire de la Société Française de Numismatique et d'Archéologie, volume 7, 1883, pages 229-236.
  • Dr Macé, « La trouvaille de Riec sur Belon (Finistère) », Courrier Numismatique, tome II, 1925-1926, pages 53-63 et page 94.
  • Gildas Salaün et Jens-Christian Moesgaard, « Un trésor de monnaies du XIVe siècle près de Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Maritime) », Bulletin de la Société Française de Numismatique, avril 1997, pages 59-63.
  • Gildas Salaün, « Le trésor de Savenay », Bulletin de la Société Française de Numismatique, juin 1999, pages 83-89.
  • Gildas Salaün, « Le trésor d'Hennebont (Morbihan) redécouvert », Bulletin de la Société Française de Numismatique, février 1999, pages 23-28.
  • Armand Viré,  « Trouvaille de monnaies à Rocamadour », Bulletin de la société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot 1924, pages 112-114.

 Catalogues de vente et d'exposition
  • Catalogue de la vente de la collection Émile Guibourg, Vinchon, 9 et 10 décembre 1974.
  • Catalogue de l'exposition « La Bretagne au temps des Ducs », Abbaye de Daoulas du 15 juin 1991 au 6 octobre 1991, Musée Dobrée à Nantes du 6 novembre 1991 au 9 février 1992.
  • Catalogue de la vente de la collection Claoué, Crédit de la Bourse, 26 au 28 avril 1993.

Revues
  • Annales de la Société Bretonne de Numismatique et d'Histoire (SBNH).
  • Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, Tome CIV, 1977 (SAHL).

Salomon (810/820 - † 874)

Salomon 1er, fils de Riwallon, comte du Poher, est le dernier roi de Bretagne de 857 à 874.

A partir de 843, le roi des francs, Charles le Chauve, monte trois expéditions contre la Bretagne, mais sans aucun succès. En 845, il doit fuir jusqu'au Mans après la déroute de Ballon (Sarthe) et conclut un premier traité avec le chef breton Nominoë. Le 25 août 851, l'armée conduite par Charles le Chauve est défaite lors de la bataille du Jengland, sur la rive gauche de la vilaine par Erispoë, fils de Nominoë. Pour limiter l'avancée bretonne, le roi doit faire d'énormes concessions et conclure un nouveau traité avec le chef breton. Ainsi en octobre 851, Erispoë devient le vassal du roi en échange des comtés de Nantes et de Rennes ainsi que du vicariat de Retz et surtout il obtient le titre et les insignes de roi.

Salomon est couronné roi de Bretagne en 857, après avoir assassiné son cousin Erispoë, dont il n'approuve pas le rapprochement avec la Francie occidentale. Si son accession à la tête de la Bretagne marque l'épanouissement du royaume breton, notamment par son extension territoriale, son règne est aussi une période de conflits avec Charles le Chauve. Ainsi en 863, par le traité d'Entrammes (Mayenne), il acquiert en échange de la paix le territoire d'« Entre deux rivières », c'est-à-dire la région comprise entre la Sarthe et la Mayenne. Les relations entre le roi de Bretagne et le roi des Francs occidentaux restent houleuses les années suivantes, alternant différends et réconciliations. En 867, le traité de Compiègne lui concède le Cotentin, l'Avranchin ainsi que les îles Anglo-normandes. La Bretagne atteint alors son extension géographique maximale.

En 872, associés, Charles et Salomon s'engagent à attaquer ensemble les normands retranchés dans la ville d'Angers. Ces derniers se sentent acculés et acceptent de quitter la ville contre une forte somme d'argent. Avec le renforcement de sa politique royale, Salomon doit faire face à une agitation de l'aristocratie et comme Erispoë, il est assassiné, en juin 874. Il est inhumé dans le monastère de Plélan (Ille-et-Vilaine) ou dans celui de Saint-Maixent (Deux-Sèvres).

Parmi ses pouvoirs régaliens, Salomon obtient le droit d'émettre des monnaies d'or et d'argent. C'est de cette période que datent les premières monnaies bretonnes. Il s'agit d'imitations, c'est-à-dire qu'elles sont au type et à la titulature de Charles le Chauve, mais frappées sous autorité bretonne. Émises vers 860-870, les pièces ci-dessous ont peut-être été produites pour payer le tribut en vue de la libération d'Angers. On se réfèrera à l'article de Gildas Salaün « Une nouvelle pièce des rois de Bretagne », paru dans les annales 2004 de la SBNH pour plus d'information.



Denier
Billon
1,60 g - 20,5 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Bigot 57


+ GRATIA D-I REX
 Monogramme carolingien : K, R, L, S.
+ NAMNETIS CIVITAS
Croix pattée.

Aspect général : cassée en deux, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions noires.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Montargis, Loiret (45)



Denier
Billon
1,50 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Bigot 60
+ GRATIA D-I REX
 Monogramme carolingien : K, R, L, S.
+ HREDONIS CIVITAS
Croix pattée. Le O est en croisette.

Aspect général : quelques concrétions blanches et brunes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Fabien Maillet

Éon (999 - † 7 janvier 1079)

Éon Ier de Penthièvre (parfois Eudes, Eudon), fils cadet du duc de Bretagne Geoffroy Ier et d'Havoise de Normandie, fille du duc de Normandie Richard Ier, est comte de Penthièvre de 1035 à 1079.

Frère cadet d'Alain III, Éon, obtient en 1035 un vaste apanage constitué dans les évêchés de Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Malo et Dol de Bretagne, et qui comprend les comtés et baronnies de Penthièvre, Goëlo, Avaugour et Lamballe.

Après la disparition prématurée de son frère en 1040, il devient baillistre du duché pour le compte de son neveu Conan II de Bretagne. Ses ambitions territoriales le conduisent, comme son père, à tenter de faire valoir ses droits sur le duché de Normandie contre Guillaume le Bâtard. En 1047, sa défaite à la bataille de Val-ès-Dunes entraîne une grave perte de prestige auprès de l'aristocratie bretonne qui exige que soit mit fin à la minorité de Conan. Éon se retire alors sur ses terres et entre en lutte ouverte avec le jeune duc. Il continue ainsi de régner sur une grande partie du territoire.

En 1057, Conan II se rend maître de Rennes et le fait prisonnier. En 1062, la paix est conclue entre le duc et Geoffroy Boterel, fils aîné d’Éon, qui a continué seul le combat.

Des années plus tard, bien que très âgé, Éon participe encore en 1075 aux soulèvements des féodaux contre Hoël II de Bretagne, le successeur de Conan II, laissant toutefois la conduite des opérations à Geoffroy Boterel.

Il meurt le 7 janvier 1079 et est inhumé dans la cathédrale de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor).

Éon n'aurait pas dû frapper monnaie, il le fit pourtant. On ne connait de lui que des deniers dont les légendes sont souvent rétrogrades et les O croisetés.

Mon article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH, « Le monnayage d'Éon de Penthièvre et de Conan II », montre que les deniers ci-dessous ont été émis conjointement par Éon et son neveu Conan. La légende du droit se lit EDDO DVCIS CONANVS CONDVX, ce qui signifie Conan duc adjoint du duc Eudes. Concernant le monogramme, le grand E et les deux demi cercles qu’il contient forment les lettres EDD. Le I qui suit le E ferme celui-­ci pour former un grand O. Nous avons ici toutes les lettres du nom EDDO, le même que celui de la légende. Les trois lettres suivantes positionnées à la verticale sont C, N et S pour CONANVS. Le caractère en forme de triangle après la lettre C peut éventuellement correspondre à un signe abréviatif.



Denier
Billon
1,20 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5


 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
  + REDONIS CVITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : flanc large, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Béatrice et Patrice Lallot - 6 exemplaires connus



Denier
Billon
1,04 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5


 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
  + REDONS ITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : un petit trou, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions rouilles, noires et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : VSO MONNAIES D'ANTAN N° 11 du 10 et 11 mai 2012 - 6 exemplaires connus



Denier
Billon
0,95 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5

 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché.
  + REDONIS V surchargé d'un C ITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : flanc éclaté, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Marc Prijent - 6 exemplaires connus

Une étude récente de Mr Yannick Jézéquel, indique que la monnaie ci-dessous s'inspire d'un denier de Deventer (Pays-Bas) au nom de l'empereur germanique Henri II. Pour lui, l'attribution du denier breton reste délicate entre les deux frères Alain III et Éon Ier. On se réfèrera  à son article « Hypothèse d'attribution d'un denier breton du XIe siècle » paru dans les annales 2007 de la SBNH pour plus de détails. L'article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH mentionné plus haut, montre que cette monnaie est bien à attribuer à Éon.



Denier
Billon
1,25 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 6

+ EDO NNCITTIRB
Monogramme (A, ȹ, S), légende rétrograde. Le O est en croisette.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée cantonnée d'un croissant au 1er et au 3e, les pointes vers l'extérieur. Le O est en croisette.

Aspect général : flanc large, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions noires et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Eddy Pauwels - 5 exemplaires connus

Conan II (1030 - † 11 décembre 1066)

Conan tendant les clés de Dinan à
Guillaume lors du siège de la ville
Fils du duc Alain III et de Berthe de Blois-Chartres, il est duc de Bretagne de 1057 à 1066.

Héritier du duché de Bretagne, Conan doit tout d'abord se libérer de l'encombrante tutelle de son oncle Éon Ier de Penthièvre. Éon fait partie des adversaires de Guillaume le Bâtard, futur duc de Normandie, et il faut à Conan attendre la victoire de Guillaume sur ses opposants, au Val-ès-Dunes en octobre 1047, pour que son oncle, affaibli par sa défaite, accepte la fin de sa minorité. Conan conteste alors l’autorité de son oncle sur la Bretagne. Le conflit qui s’ensuit dure une dizaine d’années et ce n’est qu’en 1057, après la capture d’Éon, que Conan accède à la direction du duché sous le nom de Conan II.

A la mort du comte Mathias, sans héritier, Conan étend son pouvoir sur le comté de Nantes qui est également revendiqué par Alain Canhiart , comte de Cornouaille, au nom de son épouse Judith. Ce comté échoit en définitive à leur fils Hoël V de Cornouaille, qui devient le beau-frère de Conan, en épousant sa sœur Havoise.

Il doit également faire face à la révolte de Riwallon Ier de Dol, soutenu par Guillaume le Bâtard. Après la prise de Dol et de Dinan, Guillaume se replie finalement par manque de ravitaillement. Conan assiège alors Riwallon à Combourg et le bannit du duché.

Vers la fin de l'an 1066, le prince breton, après avoir conquis Pouancé et Segré, vient jusqu'à Château-Gontier dont il force l'entrée, mais il meurt dans son triomphe, le 11 décembre 1066 empoisonné, dit-on, par un traître sur l'ordre de Guillaume le Bâtard, soupçonné d'avoir commandité cet assassinat.

Conan II est inhumé dans l'abbatiale Saint-Melaine de Rennes (Ille-et-Vilaine). En l'absence d'héritiers directs, son beau-frère Hoël lui succède : la maison de Rennes doit laisser la place à la maison de Cornouaille à la tête du duché de Bretagne.

On retrouve pour les deniers de Conan II, le type au monogramme émis conjointement avec son oncle le duc Éon de Penthièvre, avec de très nombreuses variantes et dégénérescences.

D'après mon article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH, « Le monnayage d'Éon de Penthièvre et de Conan II », rien ne prouve que la monnaie ci-dessous a été émise à Nantes, elle a tout aussi bien pu l’être à Rennes. On ne peut exclure non plus qu’il s’agisse d’un faux monnayage d’époque.



Denier
Billon
1,20 g - 20,5 mm
Atelier : ?
Réf. : Jézéquel 7



+ CONANVS IOI
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant III, au­-dessus et au-dessous deux S, sur un côté du E un besant.
+ NATIONS ICV
Croix pattée.

Aspect général : très légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : COMPTOIR NUMISMATIQUE NANTAIS



Denier
Billon
1,05 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
+ REDONIS CVITAS
Croix pattée.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Thierry Hervé



Denier
Billon
1,15 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants et un sigle composé de deux triangles opposés.
+ RED(?)ONTIAS
Croix pattée.

Les S de la légende sont couchés.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions vertes et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : SUE HAGADORN



Denier
Billon
1,10 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
+ REDONSITIAS
Croix pattée.

Les S de la légende sont couchés.

Aspect général : bel exemplaire.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Gérard Krebs



Denier
Billon
1,10 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANV (...) COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur deux côtés du E des besants.
+ (...) E NdansD ONI(S?)ITA(S?)
Croix pattée.

Les S de la légende sont couchés.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : vente publique ELSEN N° 98 du 13 décembre 2008



Denier
Billon
1,00 g - 22,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COMES
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant III, au-dessus et au-dessous un besant, sur un côté du E un besant.
+ REDONIS CIVITAS
Croix pattée.

Aspect général : manque, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes et noires.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Marc Prijent

Hoël II (1031 - † 13 avril 1084)

Hoël II (Houel, Huuel en breton), fils aîné d’Alain Canhiart, comte de Cornouaille, et de Judith, fille et héritière de Judicaël, comte de Nantes, est comte de Cornouaille et de Nantes, puis duc de Bretagne de 1066 à 1084.

Avant 1058, Hoël épouse Havoise, fille du duc Alain III et sœur de Conan II, qui lui apporte le comté de Rennes et le Vannetais. À la mort de ce dernier le 11 décembre 1066, il devient donc duc consort de Bretagne. Il donne le comté de Rennes au comte Geoffroy Grenonat, un fils illégitime d’Alain III. Dès lors son autorité ne dépasse pas la partie méridionale de la péninsule.

Pendant le principat de Hoël, les seigneurs bretons ayant participé à la conquête normande de l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant obtiennent des fiefs importants en Angleterre. C'est à cette occasion qu'Alain le Roux, fils d'Éon Ier de Penthièvre, obtint l'Honneur de Richemont.

Le début de son règne est calme, mais son épouse Havoise meurt en 1072. Hoël doit alors faire face entre 1075 et 1077 à une révolte des seigneurs féodaux bretons menés par Geoffroy Boterel fils d’Éon Ier de Penthièvre, Geoffroy Grenonat, Eudon Ier de Porhoët, des seigneurs de Haute-Bretagne mais aussi de son fief patrimonial de Cornouaille.

En 1075, Geoffroy Grenonat et Raoul de Gaël, expulsé d'Angleterre pour conspiration contre guillaume le Conquérant, s'emparent de Dol-de-Bretagne. Hoël ne vient à bout des rebelles qu’avec l’aide de Guillaume qui vient même assiéger Dol-de-Bretagne en septembre 1076. L'arrivée du roi de Philippe Ier de France et du duc d'Aquitaine oblige finalement Guillaume de Normandie à se retirer. En 1077, Hoël est brièvement captif des rebelles avant d'être délivré par son fils Alain Fergent qui bat les révoltés. La rébellion ne se termine véritablement qu'avec la mort d’Éon Ier de Penthièvre en 1079.

Hoël meurt le 13 avril 1084.

Hoël entend peut-être marquer l'accession de la maison de Cornouaille au duché et faire la distinction entre le monnayage de sa belle famille et le sien, il fait figurer un monogramme original formé d'un H et d'un L surmontés d'une accolade abréviative en usage à l'époque. Comme les autres, ce monogramme sera sujet à la dégénérescence, deviendra NL et apparaîtra dans les émissions les plus tardives sous la simple forme de trois barres verticales. Bien qu’évoquant une dégénérescence du monogramme odonique, les deniers aux croissants se placent probablement après ceux au monogramme III dont ils peuvent constituer un avatar. Hoël fait frapper des deniers et probablement des oboles.



Denier
Billon
1,10 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 16


Croix formée d'un axe vertical entre deux barres horizontales et de quatre triangles en ligne, opposés deux à deux, formant les bras horizontaux, cantonnée de quatre croissants et d'un point au 2e et au 3e.
Croix pattée. Le O est un triangle pointe en bas.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions vertes et noires.

Collection de l'auteur - provenance :  trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)

Alain IV (1060 - † 13 octobre 1119)

 Alain IV dit Alain Fergent ou Fergant, fils du duc Hoël II et de la sœur de Conan II, Havoise, est comte de Cornouaille, de Rennes et de Nantes et enfin duc de Bretagne de 1084 à 1112.

Il doit rétablir l'autorité ducale dans le comté de Rennes contre Geoffroy Grenonat, demi-frère de Conan II, auquel il succède comme comte viager. Dès 1084, il prend Rennes à la tête de son armée et envoie Grenonat à Quimper, qui y meurt la même année, permettant à Alain de récupérer le titre de comte de Rennes.

La même année, il nomme son fidèle frère Mathias à la tête du comté de Nantes et reprend personnellement le titre à la mort de celui-ci en 1103.

En 1087, il épouse en premières noces Constance de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, qui meurt empoisonnée en 1090 sans lui donner de descendance. En 1093, il épouse Ermengarde d'Anjou, fille de Foulque IV le Réchin et arrière-petite-fille de Foulque Nerra.

La tranquillité dans laquelle vit le duché permet à Alain Fergent de répondre à l'appel d'Urbain II et, en compagnie d'autres seigneurs bretons, de se joindre, au cours de l'été 1096, à la première croisade. Il s'absente de Bretagne durant cinq ans laissant le duché sous la ferme autorité d'Ermengarde.
De retour de la croisade et sous l'influence de sa pieuse épouse, Alain s'intéresse de plus en plus aux questions religieuses.

Cette évolution vers le spirituel ne l'empêche pas de prendre le parti du roi d'Angleterre Henri Ier Beauclerc dans son conflit avec le frère de celui-ci, Robert Courteheuse, et il participe à la bataille de Tinchebray en 1106. Il devient le vassal d'Henri Ier et marie son fils Conan à la fille naturelle du roi d'Angleterre, Mathilde.

Malade, il abdique en 1112 en faveur de Conan III et se retire en l'abbaye Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine). Il y meurt le 13 octobre 1119 et y est inhumé.

Alain n'innove pas en matière monétaire, les types continuent l'évolution du croissant du monnayage d'Hoël, la dégénérescence du type arrive à son terme, les croissants s'organisent dans l'espace circulaire pour composer une nouvelle figure qui annonce la croix dans un polylobe.



Denier
Billon
0,90 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 19



+ ALANVS DVX
Croix rosacée en sautoir formée de quatre croissants accolés dans un polylobe discontinu. Le S est droit.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée. Le S est droit.

Aspect général : flanc éclaté,  légère faiblesse de frappe, concrétions noires, rouilles et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)



Denier
Billon
0,85 g - 19,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 20



+ ALANVS DV
Croix rosacée en sautoir dont les bras, formés de quatre croissants, se terminent par des V. Le S est couché.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée.

Aspect général : flanc court, légère faiblesse de frappe, concrétions brunes, rouilles et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : NUMIS 31



Denier
Billon
1,10 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 20



+ ALANVS DVTX
Croix rosacée en sautoir dont les bras, formés de quatre croissants, se terminent par des V. Le S est couché.
+ REDONIS CIVT
Croix pattée. Le S est couché.

Aspect général : flanc éclaté, faiblesse de frappe, concrétions rouilles, vertes et noires.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Sylvain Charles



Denier
Billon
1,00 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 20 



+ ALANVS DV
Croix rosacée en sautoir dont les bras, formés de quatre croissants, se terminent par des V. Le S est droit.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée. Le S est droit.

Aspect général : flanc un petit peu éclaté, très légère faiblesse de frappe, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)



Denier
Billon
1,25 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 21



+ ALANVS DVX
Croix rosacée en sautoir formée de quatre croissants accolés dans un polylobe. Le S est droit.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée. Le S est droit et rétrograde.

Aspect général : très légère faiblesse de frappe, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)

Conan III (1095 - † 17 septembre 1148)

Conan III, Ermengarde et Saint-Bernard
Conan III dit le Gros, fils du duc Alain IV et d'Ermengarde d'Anjou, est comte de Rennes et duc de Bretagne de 1112 à 1148.

Il succède à son père qui abdique en sa faveur en 1112 après l'avoir progressivement initié aux affaires du duché. Il peut compter par ailleurs sur l'aide de sa mère, femme de caractère respectée qui a assuré la continuité du pouvoir ducal lorsque Alain IV est parti en croisade.

Quoique marié à Mathilde, une fille illégitime d'Henri Ier Beauclerc, il unit ses armées à celles du roi des francs Louis le Gros contre son beau-père, le roi d'Angleterre. Après la mort de ce dernier, les luttes pour le pouvoir qui se déroulent en Angleterre et en Normandie lui assurent une certaine tranquillité. De son mariage avec Mathilde d'Angleterre naissent trois descendants : Constance, Berthe et Hoël III.

En 1148, sur son lit de mort, il désavoue son fils Hoël, au motif que ce dernier serait un bâtard. Il reconnaît alors son petit-fils Conan IV pour héritier sous la tutelle de Éon de Porhoët, le second époux de sa fille Berthe. Le refus d'Hoël d'accepter cette mise à l'écart provoque une grave crise successorale.

Un nouveau type apparait, issu de dégénérescences successives du monogramme de Conan, il s'agit des lettres IVS dans le champ de la pièce. Ce type à trois lettres est fréquent dans le monnayage contemporain de l'époque.



Denier
Billon
0,95 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 22



+ CONANV
Les lettre IVS en triangle dans le champ.
+ REDONIS C
Croix pattée. Le S est couché.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions brunes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Frédéric Bourrin



Denier
Billon
0,85 g - 19,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 23



+ CONANVS
Les lettre IVS en triangle dans le champ. Le S est couché.
+ REDONIS
Croix pattée en sautoir. Le S est couché.

Aspect général : légère faiblesse de frappe.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Francis Poggi



Petit denier
Billon
1,20 g - 18,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 24



+ CONANVS
Les lettre IVS en triangle dans le champ. Le S est couché.
+ REDONIS
Croix pattée en sautoir. Le S est couché.

Le diamètre du grènetis intérieur est inférieur d'un millimètre à celui d'un denier normal, mais le poids reste celui d'un denier.

Aspect général : léger tréflage au revers, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mme Rachel Thieux

Conan IV (1140/1142 - † 20 février 1171)

Conan IV dit le Petit, fils d'Alain le Noir, seigneur de Guingamp et comte de Richemont, et de la duchesse Berthe de Bretagne, fille du duc Conan III, est comte de Richemont de 1146 à 1171 et duc de Bretagne de 1156 à 1169.

En 1148, son grand-père Conan III le désigne comme son héritier sous la régence d'Eudes de Porhoët, second mari de Berthe et déshérite son fils Hoël qui se contente du comté de Nantes. À l'âge de la majorité, Conan se révolte contre son beau-père qui refuse de lui laisser les rênes du duché, il s'allie à Hoël mais ils sont battus par Eudes en 1154. Il se réfugie alors en Angleterre auprès d'Henri II Plantagenêt qui lui confirme la possession du titre et de l'Honneur de Richemont, hérité de son père. Conan reçoit une aide militaire anglaise qui lui permet de revenir en Bretagne et de rallier plusieurs nobles, mais sa position de vassal du roi d'Angleterre provoque une révolte des seigneurs bretons sous la conduite d'Eudes de Porhoët. Ce dernier, battu, se réfugie hors de Bretagne. Conan IV est proclamé duc en 1156, mais cette même année, les Nantais chassent son oncle Hoël et choisissent pour comte le frère cadet d'Henri II, Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou.

Quand Geoffroy meurt en juillet 1158, Conan IV se saisit immédiatement du comté de Nantes. C'est la seule fois où il s'oppose frontalement à Henri II qui réplique en confisquant temporairement l'Honneur de Richemont et en débarquant en France. Conan se soumet à Avranches le jour de la Saint-Michel en septembre 1158 et lui rend le comté de Nantes. Il ne fait que de peu d'opposition par la suite. Il est certain que son mariage avec Marguerite d'Huntingdon, sœur de Malcolm IV, roi des Scots, en 1160 est approuvé sinon arrangé par Henri II lui-même. Conan IV réside alors beaucoup en Angleterre entre 1156 et 1164.

Eudes de Porhoët mène une nouvelle révolte qui remporte des succès, mais offre ainsi à Henri II le prétexte pour intervenir en Bretagne avec une armée qui prend Josselin en 1168. Henri II dépouille Eudes du Porhoët, puis, après une dernière révolte en 1173, du comté de Penthièvre.

Dans l'intervalle, les révoltes des nobles bretons se poursuivent et affaiblissent d'autant plus le pouvoir de Conan. Elles impliquent Jean II de Dol-Combour, Raoul II de Fougères qui voit son château rasé et Guyomarch IV de Léon, ainsi que les intriques persistantes de son ex beau-père.

Le 31 juillet 1166 Conan IV se trouve avec Henri II à Angers lors de la « translation » du corps de Saint Brieuc dans l'abbaye Saint-Serge. C'est à cette occasion que Conan accepte officiellement de fiancer sa seule fille et héritière Constance âgée de 4 ans, au quatrième fils d' Henri II, Geoffroy, âgé de 8 ans et à lui laisser l'administration de la Bretagne. Il ne conserve sous son contrôle personnel que Guingamp et quelques domaines dans le diocèse de Quimper.

Le duché de Bretagne est maintenant partie intégrante de l'empire Plantagenêt et en Henri II en assure le pouvoir avant de le confier à son fils Geoffroy en 1169. Le règne de Conan IV est donc celui, de fait, du roi d'Angleterre qui s'impose sur tout le territoire.

Conan meurt le 20 février 1171. Il est inhumé dans l'abbaye de Bégard (Côtes-d'Armor).

Sous Conan IV, les débris du monogramme formant IVS dans le champ se modifie en un DVX plus explicite.



Denier
Billon
0,70 g - 18,5 mm
Atelier : ?
Réf. : Jézéquel 30

+ CONANVS 
Croix pattée. Les N sont pointés.
+ BRITANNIE
DVX dans le champ. Les N sont pointés.

Aspect général : flanc mal coupé, léger tréflage au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Daniel Septier