BIBLIOGRAPHIE

Vous trouverez ci-dessous les principaux ouvrages concernant la numismatique féodale bretonne, du plus général au plus détaillé. Les titres surlignés en bleu sont cliquables et mènent à des sites de numérisation ou les publications sont consultables en ligne.

Numismatique féodale
  • Boudeau Émile. Catalogue général illustré et à prix marqué de monnaies françaises (provinciales), Paris sans date.
Il y a eu de nombreuses rééditions dont celle-ci :
Boudeau II. Catalogue général illustré de monnaies provinciales - Boudeau Émile, réimpression Les Chevau-légers-CGF, Paris 2002.  
  • Caron Émile Jean Louis. Monnaies féodales françaises, Rollin et Feuardent, Paris 1882-1884.
Il y a eu de nombreuses rééditions dont celle-ci :
Caron II. Monnaies féodales françaises - Caron Émile, édition corrigée et mise à jour par Arnaud Clairand et Jean-Yves Kind, Les Chevau-légers-CGF, Paris 2002.
  • Clairand Arnaud et Prieur Michel. Les monnaies féodales, Les Chevau-légers-CGF, Paris 2005.
  • Duplessy Jean. Les monnaies féodales françaises, tome 1, Maison Platt, Paris 2004.
Il y a eu de nombreuses rééditions dont celle-ci :
Poey d'Avant II. Monnaies féodales de France - Poey d'Avant Faustin (3 tomes), édition corrigée et mise à jour par Arnaud Clairand et Jean-Yves Kind, Les Chevau-légers-CGF, Paris 2002.

Numismatique bretonne générale
Il y a eu récemment deux rééditions :
Bigot Alexis. Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne, Paris 1857, réimpression Les Presses d'Orthez, Orthez 2009.
Bigot Alexis. Les monnaies de Bretagne, réédition Monnaies d'Antan, Marseille 2010.
  • Buisson Honoré. Monnaies féodales bretonnes de Charles le Chauve à Anne de Bretagne, Périgueux 1961.
  • Coativy Yves. Monnaies de Bretagne, Skol Vreizh, Morlaix 1992.
  • Coativy Yves. La monnaie des ducs de Bretagne de l'an mil à 1499, PUR, Rennes 2006.
  • De Mey Jean. Les monnaies de Bretagne, Numismatic Pocket 10, Paris 1979.
  • Jézéquel Yannick. Les monnaies des comtes et ducs de Bretagne, Xe au XVe siècle, Maison Florange, Paris 1998.

Numismatique bretonne sur un sujet particulier 
  •  Typhaine Bellat. Les monnaies de la vicomté de Limoges durant la domination bretonne (1275-1360). La collection du Musée Dobrée à Nantes, ANA, 2012.
  • Michel Dhénin. Les monnaies des vicomtes de Limoges (XIIIe - XIVe siècles), Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, 1977, tome CIV, pages 91-104.
  • Salaün Gildas. Répertoire raisonné des monnaies de la guerre de succession de Bretagne, SBNH, Vannes 2000.
  • Salaün Gildas. Trésors de Guérande, Musée Dobrée, Honfleur 2001.

Articles sur les principaux trésors contenant des monnaies bretonnes 
  • Jean Duplessy, « Le trésor de Ruffiac (Morbihan), monnaies d’argent et de billon du XIVe siècle », Trésors monétaires III, 1981, pages 103-110. 
  • Jules Hermerel,  « Trouvaille de Vannes », Annuaire de la Société Française de Numismatique et d'Archéologie, volume 7, 1883, pages 229-236.
  • Dr Macé, « La trouvaille de Riec sur Belon (Finistère) », Courrier Numismatique, tome II, 1925-1926, pages 53-63 et page 94.
  • Gildas Salaün et Jens-Christian Moesgaard, « Un trésor de monnaies du XIVe siècle près de Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Maritime) », Bulletin de la Société Française de Numismatique, avril 1997, pages 59-63.
  • Gildas Salaün, « Le trésor de Savenay », Bulletin de la Société Française de Numismatique, juin 1999, pages 83-89.
  • Gildas Salaün, « Le trésor d'Hennebont (Morbihan) redécouvert », Bulletin de la Société Française de Numismatique, février 1999, pages 23-28.
  • Armand Viré,  « Trouvaille de monnaies à Rocamadour », Bulletin de la société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot 1924, pages 112-114.

 Catalogues de vente et d'exposition
  • Catalogue de la vente de la collection Émile Guibourg, Vinchon, 9 et 10 décembre 1974.
  • Catalogue de l'exposition « La Bretagne au temps des Ducs », Abbaye de Daoulas du 15 juin 1991 au 6 octobre 1991, Musée Dobrée à Nantes du 6 novembre 1991 au 9 février 1992.
  • Catalogue de la vente de la collection Claoué, Crédit de la Bourse, 26 au 28 avril 1993.

Revues
  • Annales de la Société Bretonne de Numismatique et d'Histoire (SBNH).
  • Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, Tome CIV, 1977 (SAHL).

Salomon (810/820 - † 874)

Salomon 1er, fils de Riwallon, comte du Poher, est le dernier roi de Bretagne de 857 à 874.

A partir de 843, le roi des francs, Charles le Chauve, monte trois expéditions contre la Bretagne, mais sans aucun succès. En 845, il doit fuir jusqu'au Mans après la déroute de Ballon (Sarthe) et conclut un premier traité avec le chef breton Nominoë. Le 25 août 851, l'armée conduite par Charles le Chauve est défaite lors de la bataille du Jengland, sur la rive gauche de la vilaine par Erispoë, fils de Nominoë. Pour limiter l'avancée bretonne, le roi doit faire d'énormes concessions et conclure un nouveau traité avec le chef breton. Ainsi en octobre 851, Erispoë devient le vassal du roi en échange des comtés de Nantes et de Rennes ainsi que du vicariat de Retz et surtout il obtient le titre et les insignes de roi.

Salomon est couronné roi de Bretagne en 857, après avoir assassiné son cousin Erispoë, dont il n'approuve pas le rapprochement avec la Francie occidentale. Si son accession à la tête de la Bretagne marque l'épanouissement du royaume breton, notamment par son extension territoriale, son règne est aussi une période de conflits avec Charles le Chauve. Ainsi en 863, par le traité d'Entrammes (Mayenne), il acquiert en échange de la paix le territoire d'« Entre deux rivières », c'est-à-dire la région comprise entre la Sarthe et la Mayenne. Les relations entre le roi de Bretagne et le roi des Francs occidentaux restent houleuses les années suivantes, alternant différends et réconciliations. En 867, le traité de Compiègne lui concède le Cotentin, l'Avranchin ainsi que les îles Anglo-normandes. La Bretagne atteint alors son extension géographique maximale.

En 872, associés, Charles et Salomon s'engagent à attaquer ensemble les normands retranchés dans la ville d'Angers. Ces derniers se sentent acculés et acceptent de quitter la ville contre une forte somme d'argent. Avec le renforcement de sa politique royale, Salomon doit faire face à une agitation de l'aristocratie et comme Erispoë, il est assassiné, en juin 874. Il est inhumé dans le monastère de Plélan (Ille-et-Vilaine) ou dans celui de Saint-Maixent (Deux-Sèvres).

Parmi ses pouvoirs régaliens, Salomon obtient le droit d'émettre des monnaies d'or et d'argent. C'est de cette période que datent les premières monnaies bretonnes. Il s'agit d'imitations, c'est-à-dire qu'elles sont au type et à la titulature de Charles le Chauve, mais frappées sous autorité bretonne. Émises vers 860-870, les pièces ci-dessous ont peut-être été produites pour payer le tribut en vue de la libération d'Angers. On se réfèrera à l'article de Gildas Salaün « Une nouvelle pièce des rois de Bretagne », paru dans les annales 2004 de la SBNH pour plus d'information.



Denier
Billon
1,60 g - 20,5 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Bigot 57


+ GRATIA D-I REX
 Monogramme carolingien : K, R, L, S.
+ NAMNETIS CIVITAS
Croix pattée.

Aspect général : cassée en deux, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions noires.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Montargis, Loiret (45)



Denier
Billon
1,50 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Bigot 60
+ GRATIA D-I REX
 Monogramme carolingien : K, R, L, S.
+ HREDONIS CIVITAS
Croix pattée. Le O est en croisette.

Aspect général : quelques concrétions blanches et brunes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Fabien Maillet

Éon (999 - † 7 janvier 1079)

Éon Ier de Penthièvre (parfois Eudes, Eudon), fils cadet du duc de Bretagne Geoffroy Ier et d'Havoise de Normandie, fille du duc de Normandie Richard Ier, est comte de Penthièvre de 1035 à 1079.

Frère cadet d'Alain III, Éon, obtient en 1035 un vaste apanage constitué dans les évêchés de Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Malo et Dol de Bretagne, et qui comprend les comtés et baronnies de Penthièvre, Goëlo, Avaugour et Lamballe.

Après la disparition prématurée de son frère en 1040, il devient baillistre du duché pour le compte de son neveu Conan II de Bretagne. Ses ambitions territoriales le conduisent, comme son père, à tenter de faire valoir ses droits sur le duché de Normandie contre Guillaume le Bâtard. En 1047, sa défaite à la bataille de Val-ès-Dunes entraîne une grave perte de prestige auprès de l'aristocratie bretonne qui exige que soit mit fin à la minorité de Conan. Éon se retire alors sur ses terres et entre en lutte ouverte avec le jeune duc. Il continue ainsi de régner sur une grande partie du territoire.

En 1057, Conan II se rend maître de Rennes et le fait prisonnier. En 1062, la paix est conclue entre le duc et Geoffroy Boterel, fils aîné d’Éon, qui a continué seul le combat.

Des années plus tard, bien que très âgé, Éon participe encore en 1075 aux soulèvements des féodaux contre Hoël II de Bretagne, le successeur de Conan II, laissant toutefois la conduite des opérations à Geoffroy Boterel.

Il meurt le 7 janvier 1079 et est inhumé dans la cathédrale de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor).

Éon n'aurait pas dû frapper monnaie, il le fit pourtant. On ne connait de lui que des deniers dont les légendes sont souvent rétrogrades et les O croisetés.

Mon article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH, « Le monnayage d'Éon de Penthièvre et de Conan II », montre que les deniers ci-dessous ont été émis conjointement par Éon et son neveu Conan. La légende du droit se lit EDDO DVCIS CONANVS CONDVX, ce qui signifie Conan duc adjoint du duc Eudes. Concernant le monogramme, le grand E et les deux demi cercles qu’il contient forment les lettres EDD. Le I qui suit le E ferme celui-­ci pour former un grand O. Nous avons ici toutes les lettres du nom EDDO, le même que celui de la légende. Les trois lettres suivantes positionnées à la verticale sont C, N et S pour CONANVS. Le caractère en forme de triangle après la lettre C peut éventuellement correspondre à un signe abréviatif.



Denier
Billon
1,20 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5


 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
  + REDONIS CVITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : flanc large, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Béatrice et Patrice Lallot - 6 exemplaires connus



Denier
Billon
1,04 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5


 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
  + REDONS ITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : un petit trou, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions rouilles, noires et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : VSO MONNAIES D'ANTAN N° 11 du 10 et 11 mai 2012 - 6 exemplaires connus



Denier
Billon
0,95 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5

 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché.
  + REDONIS V surchargé d'un C ITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : flanc éclaté, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Marc Prijent - 6 exemplaires connus

Une étude récente de Mr Yannick Jézéquel, indique que la monnaie ci-dessous s'inspire d'un denier de Deventer (Pays-Bas) au nom de l'empereur germanique Henri II. Pour lui, l'attribution du denier breton reste délicate entre les deux frères Alain III et Éon Ier. On se réfèrera  à son article « Hypothèse d'attribution d'un denier breton du XIe siècle » paru dans les annales 2007 de la SBNH pour plus de détails. L'article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH mentionné plus haut, montre que cette monnaie est bien à attribuer à Éon.



Denier
Billon
1,25 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 6

+ EDO NNCITTIRB
Monogramme (A, ȹ, S), légende rétrograde. Le O est en croisette.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée cantonnée d'un croissant au 1er et au 3e, les pointes vers l'extérieur. Le O est en croisette.

Aspect général : flanc large, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions noires et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Eddy Pauwels - 5 exemplaires connus