Salomon (810/820 - † 874)

Salomon 1er, fils de Riwallon, comte du Poher, est le dernier roi de Bretagne de 857 à 874.

A partir de 843, le roi des francs, Charles le Chauve, monte trois expéditions contre la Bretagne, mais sans aucun succès. En 845, il doit fuir jusqu'au Mans après la déroute de Ballon (Sarthe) et conclut un premier traité avec le chef breton Nominoë. Le 25 août 851, l'armée conduite par Charles le Chauve est défaite lors de la bataille du Jengland, sur la rive gauche de la vilaine par Erispoë, fils de Nominoë. Pour limiter l'avancée bretonne, le roi doit faire d'énormes concessions et conclure un nouveau traité avec le chef breton. Ainsi en octobre 851, Erispoë devient le vassal du roi en échange des comtés de Nantes et de Rennes ainsi que du vicariat de Retz et surtout il obtient le titre et les insignes de roi.

Salomon est couronné roi de Bretagne en 857, après avoir assassiné son cousin Erispoë, dont il n'approuve pas le rapprochement avec la Francie occidentale. Si son accession à la tête de la Bretagne marque l'épanouissement du royaume breton, notamment par son extension territoriale, son règne est aussi une période de conflits avec Charles le Chauve. Ainsi en 863, par le traité d'Entrammes (Mayenne), il acquiert en échange de la paix le territoire d'« Entre deux rivières », c'est-à-dire la région comprise entre la Sarthe et la Mayenne. Les relations entre le roi de Bretagne et le roi des Francs occidentaux restent houleuses les années suivantes, alternant différends et réconciliations. En 867, le traité de Compiègne lui concède le Cotentin, l'Avranchin ainsi que les îles Anglo-normandes. La Bretagne atteint alors son extension géographique maximale.

En 872, associés, Charles et Salomon s'engagent à attaquer ensemble les normands retranchés dans la ville d'Angers. Ces derniers se sentent acculés et acceptent de quitter la ville contre une forte somme d'argent. Avec le renforcement de sa politique royale, Salomon doit faire face à une agitation de l'aristocratie et comme Erispoë, il est assassiné, en juin 874. Il est inhumé dans le monastère de Plélan (Ille-et-Vilaine) ou dans celui de Saint-Maixent (Deux-Sèvres).

Parmi ses pouvoirs régaliens, Salomon obtient le droit d'émettre des monnaies d'or et d'argent. C'est de cette période que datent les premières monnaies bretonnes. Il s'agit d'imitations, c'est-à-dire qu'elles sont au type et à la titulature de Charles le Chauve, mais frappées sous autorité bretonne. Émises vers 860-870, les pièces ci-dessous ont peut-être été produites pour payer le tribut en vue de la libération d'Angers. On se réfèrera à l'article de Gildas Salaün « Une nouvelle pièce des rois de Bretagne », paru dans les annales 2004 de la SBNH pour plus d'information.



Denier
Billon
1,60 g - 20,5 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Bigot 57


+ GRATIA D-I REX
 Monogramme carolingien : K, R, L, S.
+ NAMNETIS CIVITAS
Croix pattée.

Aspect général : cassée en deux, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions noires.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Montargis, Loiret (45)



Denier
Billon
1,50 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Bigot 60
+ GRATIA D-I REX
 Monogramme carolingien : K, R, L, S.
+ HREDONIS CIVITAS
Croix pattée. Le O est en croisette.

Aspect général : quelques concrétions blanches et brunes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Fabien Maillet

Éon (999 - † 7 janvier 1079)

Éon Ier de Penthièvre (parfois Eudes, Eudon), fils cadet du duc de Bretagne Geoffroy Ier et d'Havoise de Normandie, fille du duc de Normandie Richard Ier, est comte de Penthièvre de 1035 à 1079.

Frère cadet d'Alain III, Éon, obtient en 1035 un vaste apanage constitué dans les évêchés de Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Malo et Dol de Bretagne, et qui comprend les comtés et baronnies de Penthièvre, Goëlo, Avaugour et Lamballe.

Après la disparition prématurée de son frère en 1040, il devient baillistre du duché pour le compte de son neveu Conan II de Bretagne. Ses ambitions territoriales le conduisent, comme son père, à tenter de faire valoir ses droits sur le duché de Normandie contre Guillaume le Bâtard. En 1047, sa défaite à la bataille de Val-ès-Dunes entraîne une grave perte de prestige auprès de l'aristocratie bretonne qui exige que soit mit fin à la minorité de Conan. Éon se retire alors sur ses terres et entre en lutte ouverte avec le jeune duc. Il continue ainsi de régner sur une grande partie du territoire.

En 1057, Conan II se rend maître de Rennes et le fait prisonnier. En 1062, la paix est conclue entre le duc et Geoffroy Boterel, fils aîné d’Éon, qui a continué seul le combat.

Des années plus tard, bien que très âgé, Éon participe encore en 1075 aux soulèvements des féodaux contre Hoël II de Bretagne, le successeur de Conan II, laissant toutefois la conduite des opérations à Geoffroy Boterel.

Il meurt le 7 janvier 1079 et est inhumé dans la cathédrale de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor).

Éon n'aurait pas dû frapper monnaie, il le fit pourtant. On ne connait de lui que des deniers dont les légendes sont souvent rétrogrades et les O croisetés.

Mon article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH, « Le monnayage d'Éon de Penthièvre et de Conan II », montre que les deniers ci-dessous ont été émis conjointement par Éon et son neveu Conan. La légende du droit se lit EDDO DVCIS CONANVS CONDVX, ce qui signifie Conan duc adjoint du duc Eudes. Concernant le monogramme, le grand E et les deux demi cercles qu’il contient forment les lettres EDD. Le I qui suit le E ferme celui-­ci pour former un grand O. Nous avons ici toutes les lettres du nom EDDO, le même que celui de la légende. Les trois lettres suivantes positionnées à la verticale sont C, N et S pour CONANVS. Le caractère en forme de triangle après la lettre C peut éventuellement correspondre à un signe abréviatif.



Denier
Billon
1,20 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5


 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
  + REDONIS CVITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : flanc large, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Béatrice et Patrice Lallot - 6 exemplaires connus



Denier
Billon
1,04 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5


 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
  + REDONS ITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : un petit trou, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions rouilles, noires et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : VSO MONNAIES D'ANTAN N° 11 du 10 et 11 mai 2012 - 6 exemplaires connus



Denier
Billon
0,95 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 5

 Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché.
  + REDONIS V surchargé d'un C ITAS
Croix pattée, O rond. Le premier S est couché.

Aspect général : flanc éclaté, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Marc Prijent - 6 exemplaires connus

Une étude récente de Mr Yannick Jézéquel, indique que la monnaie ci-dessous s'inspire d'un denier de Deventer (Pays-Bas) au nom de l'empereur germanique Henri II. Pour lui, l'attribution du denier breton reste délicate entre les deux frères Alain III et Éon Ier. On se réfèrera  à son article « Hypothèse d'attribution d'un denier breton du XIe siècle » paru dans les annales 2007 de la SBNH pour plus de détails. L'article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH mentionné plus haut, montre que cette monnaie est bien à attribuer à Éon.



Denier
Billon
1,25 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 6

+ EDO NNCITTIRB
Monogramme (A, ȹ, S), légende rétrograde. Le O est en croisette.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée cantonnée d'un croissant au 1er et au 3e, les pointes vers l'extérieur. Le O est en croisette.

Aspect général : flanc large, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions noires et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Eddy Pauwels - 5 exemplaires connus

Conan II (1030 - † 11 décembre 1066)

Conan tendant les clés de Dinan à
Guillaume lors du siège de la ville
Fils du duc Alain III et de Berthe de Blois-Chartres, il est duc de Bretagne de 1057 à 1066.

Héritier du duché de Bretagne, Conan doit tout d'abord se libérer de l'encombrante tutelle de son oncle Éon Ier de Penthièvre. Éon fait partie des adversaires de Guillaume le Bâtard, futur duc de Normandie, et il faut à Conan attendre la victoire de Guillaume sur ses opposants, au Val-ès-Dunes en octobre 1047, pour que son oncle, affaibli par sa défaite, accepte la fin de sa minorité. Conan conteste alors l’autorité de son oncle sur la Bretagne. Le conflit qui s’ensuit dure une dizaine d’années et ce n’est qu’en 1057, après la capture d’Éon, que Conan accède à la direction du duché sous le nom de Conan II.

A la mort du comte Mathias, sans héritier, Conan étend son pouvoir sur le comté de Nantes qui est également revendiqué par Alain Canhiart , comte de Cornouaille, au nom de son épouse Judith. Ce comté échoit en définitive à leur fils Hoël V de Cornouaille, qui devient le beau-frère de Conan, en épousant sa sœur Havoise.

Il doit également faire face à la révolte de Riwallon Ier de Dol, soutenu par Guillaume le Bâtard. Après la prise de Dol et de Dinan, Guillaume se replie finalement par manque de ravitaillement. Conan assiège alors Riwallon à Combourg et le bannit du duché.

Vers la fin de l'an 1066, le prince breton, après avoir conquis Pouancé et Segré, vient jusqu'à Château-Gontier dont il force l'entrée, mais il meurt dans son triomphe, le 11 décembre 1066 empoisonné, dit-on, par un traître sur l'ordre de Guillaume le Bâtard, soupçonné d'avoir commandité cet assassinat.

Conan II est inhumé dans l'abbatiale Saint-Melaine de Rennes (Ille-et-Vilaine). En l'absence d'héritiers directs, son beau-frère Hoël lui succède : la maison de Rennes doit laisser la place à la maison de Cornouaille à la tête du duché de Bretagne.

On retrouve pour les deniers de Conan II, le type au monogramme émis conjointement avec son oncle le duc Éon de Penthièvre, avec de très nombreuses variantes et dégénérescences.

D'après mon article paru dans les annales 2011-2012 de la SBNH, « Le monnayage d'Éon de Penthièvre et de Conan II », rien ne prouve que la monnaie ci-dessous a été émise à Nantes, elle a tout aussi bien pu l’être à Rennes. On ne peut exclure non plus qu’il s’agisse d’un faux monnayage d’époque.



Denier
Billon
1,20 g - 20,5 mm
Atelier : ?
Réf. : Jézéquel 7



+ CONANVS IOI
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant III, au­-dessus et au-dessous deux S, sur un côté du E un besant.
+ NATIONS ICV
Croix pattée.

Aspect général : très légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : COMPTOIR NUMISMATIQUE NANTAIS



Denier
Billon
1,05 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
+ REDONIS CVITAS
Croix pattée.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Thierry Hervé



Denier
Billon
1,15 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants et un sigle composé de deux triangles opposés.
+ RED(?)ONTIAS
Croix pattée.

Les S de la légende sont couchés.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions vertes et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : SUE HAGADORN



Denier
Billon
1,10 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur trois côtés du E des besants.
+ REDONSITIAS
Croix pattée.

Les S de la légende sont couchés.

Aspect général : bel exemplaire.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Gérard Krebs



Denier
Billon
1,10 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANV (...) COM
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant IN, au-dessus un C et un triangle, au-dessous un S couché, sur deux côtés du E des besants.
+ (...) E NdansD ONI(S?)ITA(S?)
Croix pattée.

Les S de la légende sont couchés.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : vente publique ELSEN N° 98 du 13 décembre 2008



Denier
Billon
1,00 g - 22,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 8



+ CONANVS COMES
Monogramme d’Éon et de Conan : EDD combinés devant III, au-dessus et au-dessous un besant, sur un côté du E un besant.
+ REDONIS CIVITAS
Croix pattée.

Aspect général : manque, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes et noires.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Marc Prijent

Hoël II (1031 - † 13 avril 1084)

Hoël II (Houel, Huuel en breton), fils aîné d’Alain Canhiart, comte de Cornouaille, et de Judith, fille et héritière de Judicaël, comte de Nantes, est comte de Cornouaille et de Nantes, puis duc de Bretagne de 1066 à 1084.

Avant 1058, Hoël épouse Havoise, fille du duc Alain III et sœur de Conan II, qui lui apporte le comté de Rennes et le Vannetais. À la mort de ce dernier le 11 décembre 1066, il devient donc duc consort de Bretagne. Il donne le comté de Rennes au comte Geoffroy Grenonat, un fils illégitime d’Alain III. Dès lors son autorité ne dépasse pas la partie méridionale de la péninsule.

Pendant le principat de Hoël, les seigneurs bretons ayant participé à la conquête normande de l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant obtiennent des fiefs importants en Angleterre. C'est à cette occasion qu'Alain le Roux, fils d'Éon Ier de Penthièvre, obtint l'Honneur de Richemont.

Le début de son règne est calme, mais son épouse Havoise meurt en 1072. Hoël doit alors faire face entre 1075 et 1077 à une révolte des seigneurs féodaux bretons menés par Geoffroy Boterel fils d’Éon Ier de Penthièvre, Geoffroy Grenonat, Eudon Ier de Porhoët, des seigneurs de Haute-Bretagne mais aussi de son fief patrimonial de Cornouaille.

En 1075, Geoffroy Grenonat et Raoul de Gaël, expulsé d'Angleterre pour conspiration contre guillaume le Conquérant, s'emparent de Dol-de-Bretagne. Hoël ne vient à bout des rebelles qu’avec l’aide de Guillaume qui vient même assiéger Dol-de-Bretagne en septembre 1076. L'arrivée du roi de Philippe Ier de France et du duc d'Aquitaine oblige finalement Guillaume de Normandie à se retirer. En 1077, Hoël est brièvement captif des rebelles avant d'être délivré par son fils Alain Fergent qui bat les révoltés. La rébellion ne se termine véritablement qu'avec la mort d’Éon Ier de Penthièvre en 1079.

Hoël meurt le 13 avril 1084.

Hoël entend peut-être marquer l'accession de la maison de Cornouaille au duché et faire la distinction entre le monnayage de sa belle famille et le sien, il fait figurer un monogramme original formé d'un H et d'un L surmontés d'une accolade abréviative en usage à l'époque. Comme les autres, ce monogramme sera sujet à la dégénérescence, deviendra NL et apparaîtra dans les émissions les plus tardives sous la simple forme de trois barres verticales. Bien qu’évoquant une dégénérescence du monogramme odonique, les deniers aux croissants se placent probablement après ceux au monogramme III dont ils peuvent constituer un avatar. Hoël fait frapper des deniers et probablement des oboles.



Denier
Billon
1,10 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 16


Croix formée d'un axe vertical entre deux barres horizontales et de quatre triangles en ligne, opposés deux à deux, formant les bras horizontaux, cantonnée de quatre croissants et d'un point au 2e et au 3e.
Croix pattée. Le O est un triangle pointe en bas.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions vertes et noires.

Collection de l'auteur - provenance :  trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)

Alain IV (1060 - † 13 octobre 1119)

 Alain IV dit Alain Fergent ou Fergant, fils du duc Hoël II et de la sœur de Conan II, Havoise, est comte de Cornouaille, de Rennes et de Nantes et enfin duc de Bretagne de 1084 à 1112.

Il doit rétablir l'autorité ducale dans le comté de Rennes contre Geoffroy Grenonat, demi-frère de Conan II, auquel il succède comme comte viager. Dès 1084, il prend Rennes à la tête de son armée et envoie Grenonat à Quimper, qui y meurt la même année, permettant à Alain de récupérer le titre de comte de Rennes.

La même année, il nomme son fidèle frère Mathias à la tête du comté de Nantes et reprend personnellement le titre à la mort de celui-ci en 1103.

En 1087, il épouse en premières noces Constance de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, qui meurt empoisonnée en 1090 sans lui donner de descendance. En 1093, il épouse Ermengarde d'Anjou, fille de Foulque IV le Réchin et arrière-petite-fille de Foulque Nerra.

La tranquillité dans laquelle vit le duché permet à Alain Fergent de répondre à l'appel d'Urbain II et, en compagnie d'autres seigneurs bretons, de se joindre, au cours de l'été 1096, à la première croisade. Il s'absente de Bretagne durant cinq ans laissant le duché sous la ferme autorité d'Ermengarde.
De retour de la croisade et sous l'influence de sa pieuse épouse, Alain s'intéresse de plus en plus aux questions religieuses.

Cette évolution vers le spirituel ne l'empêche pas de prendre le parti du roi d'Angleterre Henri Ier Beauclerc dans son conflit avec le frère de celui-ci, Robert Courteheuse, et il participe à la bataille de Tinchebray en 1106. Il devient le vassal d'Henri Ier et marie son fils Conan à la fille naturelle du roi d'Angleterre, Mathilde.

Malade, il abdique en 1112 en faveur de Conan III et se retire en l'abbaye Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine). Il y meurt le 13 octobre 1119 et y est inhumé.

Alain n'innove pas en matière monétaire, les types continuent l'évolution du croissant du monnayage d'Hoël, la dégénérescence du type arrive à son terme, les croissants s'organisent dans l'espace circulaire pour composer une nouvelle figure qui annonce la croix dans un polylobe.



Denier
Billon
0,90 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 19



+ ALANVS DVX
Croix rosacée en sautoir formée de quatre croissants accolés dans un polylobe discontinu. Le S est droit.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée. Le S est droit.

Aspect général : flanc éclaté,  légère faiblesse de frappe, concrétions noires, rouilles et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)



Denier
Billon
0,85 g - 19,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 20



+ ALANVS DV
Croix rosacée en sautoir dont les bras, formés de quatre croissants, se terminent par des V. Le S est couché.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée.

Aspect général : flanc court, légère faiblesse de frappe, concrétions brunes, rouilles et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : NUMIS 31



Denier
Billon
1,10 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 20



+ ALANVS DVTX
Croix rosacée en sautoir dont les bras, formés de quatre croissants, se terminent par des V. Le S est couché.
+ REDONIS CIVT
Croix pattée. Le S est couché.

Aspect général : flanc éclaté, faiblesse de frappe, concrétions rouilles, vertes et noires.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Sylvain Charles



Denier
Billon
1,00 g - 21,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 20 



+ ALANVS DV
Croix rosacée en sautoir dont les bras, formés de quatre croissants, se terminent par des V. Le S est droit.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée. Le S est droit.

Aspect général : flanc un petit peu éclaté, très légère faiblesse de frappe, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)



Denier
Billon
1,25 g - 20,5 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 21



+ ALANVS DVX
Croix rosacée en sautoir formée de quatre croissants accolés dans un polylobe. Le S est droit.
+ REDONIS CIVIT
Croix pattée. Le S est droit et rétrograde.

Aspect général : très légère faiblesse de frappe, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : trouvée à Vitré, Ille-et-Vilaine (35)

Conan III (1095 - † 17 septembre 1148)

Conan III, Ermengarde et Saint-Bernard
Conan III dit le Gros, fils du duc Alain IV et d'Ermengarde d'Anjou, est comte de Rennes et duc de Bretagne de 1112 à 1148.

Il succède à son père qui abdique en sa faveur en 1112 après l'avoir progressivement initié aux affaires du duché. Il peut compter par ailleurs sur l'aide de sa mère, femme de caractère respectée qui a assuré la continuité du pouvoir ducal lorsque Alain IV est parti en croisade.

Quoique marié à Mathilde, une fille illégitime d'Henri Ier Beauclerc, il unit ses armées à celles du roi des francs Louis le Gros contre son beau-père, le roi d'Angleterre. Après la mort de ce dernier, les luttes pour le pouvoir qui se déroulent en Angleterre et en Normandie lui assurent une certaine tranquillité. De son mariage avec Mathilde d'Angleterre naissent trois descendants : Constance, Berthe et Hoël III.

En 1148, sur son lit de mort, il désavoue son fils Hoël, au motif que ce dernier serait un bâtard. Il reconnaît alors son petit-fils Conan IV pour héritier sous la tutelle de Éon de Porhoët, le second époux de sa fille Berthe. Le refus d'Hoël d'accepter cette mise à l'écart provoque une grave crise successorale.

Un nouveau type apparait, issu de dégénérescences successives du monogramme de Conan, il s'agit des lettres IVS dans le champ de la pièce. Ce type à trois lettres est fréquent dans le monnayage contemporain de l'époque.



Denier
Billon
0,95 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 22



+ CONANV
Les lettre IVS en triangle dans le champ.
+ REDONIS C
Croix pattée. Le S est couché.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions brunes.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Frédéric Bourrin



Denier
Billon
0,85 g - 19,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 23



+ CONANVS
Les lettre IVS en triangle dans le champ. Le S est couché.
+ REDONIS
Croix pattée en sautoir. Le S est couché.

Aspect général : légère faiblesse de frappe.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Francis Poggi



Petit denier
Billon
1,20 g - 18,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 24



+ CONANVS
Les lettre IVS en triangle dans le champ. Le S est couché.
+ REDONIS
Croix pattée en sautoir. Le S est couché.

Le diamètre du grènetis intérieur est inférieur d'un millimètre à celui d'un denier normal, mais le poids reste celui d'un denier.

Aspect général : léger tréflage au revers, concrétions vertes.

Collection de l'auteur - provenance : Mme Rachel Thieux

Conan IV (1140/1142 - † 20 février 1171)

Conan IV dit le Petit, fils d'Alain le Noir, seigneur de Guingamp et comte de Richemont, et de la duchesse Berthe de Bretagne, fille du duc Conan III, est comte de Richemont de 1146 à 1171 et duc de Bretagne de 1156 à 1169.

En 1148, son grand-père Conan III le désigne comme son héritier sous la régence d'Eudes de Porhoët, second mari de Berthe et déshérite son fils Hoël qui se contente du comté de Nantes. À l'âge de la majorité, Conan se révolte contre son beau-père qui refuse de lui laisser les rênes du duché, il s'allie à Hoël mais ils sont battus par Eudes en 1154. Il se réfugie alors en Angleterre auprès d'Henri II Plantagenêt qui lui confirme la possession du titre et de l'Honneur de Richemont, hérité de son père. Conan reçoit une aide militaire anglaise qui lui permet de revenir en Bretagne et de rallier plusieurs nobles, mais sa position de vassal du roi d'Angleterre provoque une révolte des seigneurs bretons sous la conduite d'Eudes de Porhoët. Ce dernier, battu, se réfugie hors de Bretagne. Conan IV est proclamé duc en 1156, mais cette même année, les Nantais chassent son oncle Hoël et choisissent pour comte le frère cadet d'Henri II, Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou.

Quand Geoffroy meurt en juillet 1158, Conan IV se saisit immédiatement du comté de Nantes. C'est la seule fois où il s'oppose frontalement à Henri II qui réplique en confisquant temporairement l'Honneur de Richemont et en débarquant en France. Conan se soumet à Avranches le jour de la Saint-Michel en septembre 1158 et lui rend le comté de Nantes. Il ne fait que de peu d'opposition par la suite. Il est certain que son mariage avec Marguerite d'Huntingdon, sœur de Malcolm IV, roi des Scots, en 1160 est approuvé sinon arrangé par Henri II lui-même. Conan IV réside alors beaucoup en Angleterre entre 1156 et 1164.

Eudes de Porhoët mène une nouvelle révolte qui remporte des succès, mais offre ainsi à Henri II le prétexte pour intervenir en Bretagne avec une armée qui prend Josselin en 1168. Henri II dépouille Eudes du Porhoët, puis, après une dernière révolte en 1173, du comté de Penthièvre.

Dans l'intervalle, les révoltes des nobles bretons se poursuivent et affaiblissent d'autant plus le pouvoir de Conan. Elles impliquent Jean II de Dol-Combour, Raoul II de Fougères qui voit son château rasé et Guyomarch IV de Léon, ainsi que les intriques persistantes de son ex beau-père.

Le 31 juillet 1166 Conan IV se trouve avec Henri II à Angers lors de la « translation » du corps de Saint Brieuc dans l'abbaye Saint-Serge. C'est à cette occasion que Conan accepte officiellement de fiancer sa seule fille et héritière Constance âgée de 4 ans, au quatrième fils d' Henri II, Geoffroy, âgé de 8 ans et à lui laisser l'administration de la Bretagne. Il ne conserve sous son contrôle personnel que Guingamp et quelques domaines dans le diocèse de Quimper.

Le duché de Bretagne est maintenant partie intégrante de l'empire Plantagenêt et en Henri II en assure le pouvoir avant de le confier à son fils Geoffroy en 1169. Le règne de Conan IV est donc celui, de fait, du roi d'Angleterre qui s'impose sur tout le territoire.

Conan meurt le 20 février 1171. Il est inhumé dans l'abbaye de Bégard (Côtes-d'Armor).

Sous Conan IV, les débris du monogramme formant IVS dans le champ se modifie en un DVX plus explicite.



Denier
Billon
0,70 g - 18,5 mm
Atelier : ?
Réf. : Jézéquel 30

+ CONANVS 
Croix pattée. Les N sont pointés.
+ BRITANNIE
DVX dans le champ. Les N sont pointés.

Aspect général : flanc mal coupé, léger tréflage au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Daniel Septier

Geoffroy Plantagenêt (23 septembre 1158 - † 19 août 1186)

Geoffroy II de Bretagne ou Geoffroy Plantagenêt, est le fils du roi d’Angleterre, duc de Normandie et comte d’Anjou, Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, duchesse d’Aquitaine.

Résolu à enfin régner sur son duché, Conan IV, neveu du duc Conan III le Gros, réussit, grâce à l'appui d'Henri II, à arracher le pouvoir à son tuteur Eudes de Porhoët, qui est finalement chassé en 1156. La dynastie de la maison Plantagenêt en profite pour prendre pied en Bretagne. En contrepartie, le nouveau duc, Conan IV, cède à Henri II le comté de Nantes.

En 1162, Henri II oblige le puissant seigneur breton Raoul, baron de Fougères, à lui céder la châtellenie de Dol dont il vient juste d'être nommé tuteur. Raoul, excédé de l'emprise grandissante du monarque anglais, forme une coalition de grands seigneurs sous la conduite d’Eudes de Porhoët et d'Hervé de Léon.

Proclamé duc en 1156, Conan IV doit abdiquer en 1166 quand Henri II Plantagenêt envahit la Bretagne à la tête d'une armée et dévaste les villes insurgées dont Fougères et son château, fief de Raoul. Le duc, trop affaibli pour pouvoir continuer à régner se voit imposer par Henri II des alliances matrimoniales. Pour mieux contrôler la Bretagne, Henri II fiance son fils Geoffroy âgé de 7 ans et l’héritière du duché Constance, fille de Conan IV et âgée de 4 ans. Henri II se fait reconnaître comme gardien du duché jusqu’à la majorité de Geoffroy.

Le mariage de Geoffroy et de Constance a lieu en juillet 1181, mais le pouvoir effectif de Geoffroy est bref, car il meurt à 28 ans. Il a cependant le temps de faire rédiger en 1186 par une assemblée de juristes, le premier acte législatif pris à l'échelle du duché par un duc de Bretagne : l’Assise au Comte Geoffroy, qui vise à limiter la division des grands fiefs, ce qui lui vaut la faveur des barons.

S'étant rebellé contre son père Henri II, il se réfugie à la cour de France. Il meurt des blessures reçues dans un tournoi le 19 août 1186. Il est inhumé dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Henri II se contente de reprendre le type monétaire en usage (celui de Conan IV), changeant simplement le nom du duc. Geoffroy ajoute un type original, celui au lis cruciforme.



Denier
Billon
0,70 g - 19,0 mm
Atelier : ?
Réf. : Jézéquel 33



+ GA (...) FRIDVS
Croix échancrées à trois pointes, évidée en cœur, un renflement hémisphérique aux extrémités.
+ DVX BRITANI
Lis cruciforme chargé de quatre annelets.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions rouilles et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : vente personnelle Mr André Libaud



Denier
Billon
1,10 g - 19,0 mm
Atelier : ?
Réf. : Jézéquel 33



+ GAVFRIDVS
Croix échancrées à trois pointes, évidée en cœur, un renflement hémisphérique aux extrémités.
+ DVX BRITANI
Lis cruciforme chargé de quatre annelets.

Aspect général : flan éclaté , très légère faiblesse de frappe, concrétions brunes, noires, rouilles et vertes.

Collection de l'auteur - provenance : vente aux enchères BARATOUX-DUBOURG du 16 janvier 2013

Le monnayage anonyme - XIIe siècle

Constance (vers 1161 - † septembre 1201)

Constance est l'héritière du trône de Bretagne. Elle est la fille de Conan IV de Bretagne et de Marguerite d'Huntingdon, fille d'Henry de Northumberland, prince d’Écosse, comte de Northumberland et d'Huntingdon, et sœur des rois d’Écosse Malcolm IV et Guillaume le Lion. Elle est duchesse de Bretagne à partir de 1166, et comtesse de Richemont à partir de 1171.

En 1166, son père abdique en sa faveur et elle devient duchesse de Bretagne, alors que la réalité du pouvoir est dans les mains d'Henri II d'Angleterre. En tant qu'époux de Constance, Geoffroy Plantagenêt, fils du roi Henri II, est proclamé duc de Bretagne sous le nom de Geoffroy II de Bretagne en 1181, mais il meurt prématurément  le 19 août 1186.

Après la mort de son premier mari, Constance exerce réellement le pouvoir en Bretagne, même après s'être remariée avec Ranulph de Blondeville, comte de Chester, que Henri II d'Angleterre lui avait imposé. En 1196, elle fait reconnaître son fils Arthur, âgé seulement de huit ans, comme duc par une assemblée générale de l'aristocratie.

En réaction à cet évènement qui contrecarre ses desseins, Richard Cœur de Lion la fait enlever par son propre mari. La duchesse est gardée prisonnière à Pontorson ou à Teillay. Une fois libérée, elle fait casser son mariage avec Ranulph et se remarie avec Guy de Thouars dont elle à deux filles, Alix et Catherine.

Elle meurt à Nantes entre le 1er et le 4 septembre 1201. Le 24 novembre 1225, elle est inhumée à l'abbaye Notre-Dame de Villeneuve (Loire-Atlantique) dont elle avait demandé la fondation près de Nantes en 1201.

Arthur 1er (29 mars 1187 – † 3 avril 1203)

Fils posthume de Geoffroy Plantagenêt et de la duchesse Constance de Bretagne, il est duc de Bretagne de 1201 à sa mort, et héritier désigné au trône du royaume d’Angleterre, devant succéder à Richard Cœur de Lion.

Enfant, Arthur est élevé dans le duché de Bretagne sous la garde de sa mère Constance et avec l’accord des souverains Henri II Plantagenêt, son grand père, puis de Richard Cœur de Lion, son oncle.

Pendant l’hiver 1190, ce dernier, sans enfant, fait savoir qu’il considère Arthur comme son héritier légitime au trône. Après son retour de croisade, le roi semble vouloir prendre Arthur sous son aile. En 1196, Ranulph de Blondeville, comte de Chester, vicomte d'Avranches et de Bayeux, fidèle du roi, capture Constance, à laquelle il est marié depuis 1189, et Richard envahit brièvement le duché. Ces deux événements seraient des mesures de représailles face au refus des Bretons de confier le jeune Arthur à son royal oncle. Réunis à Saint-Malo-de-Beignon, les principaux aristocrates bretons réagissent en faisant allégeance à Arthur.

La mort inattendue de Richard Cœur de Lion le 6 avril 1199 accélère les événements. Arthur, étant le seul fils de Geoffroy Plantagenêt, frère puîné de Richard Cœur de Lion, il revendique l’héritage de « l’empire Plantagenêt » (Angleterre, Normandie, Anjou, Maine, Poitou, Aquitaine). Toutefois, l’autre frère du défunt Jean sans Terre prétend lui aussi à la succession. Immédiatement, l’héritier du duché de Bretagne pénètre en Anjou, confiant dans le soutien des aristocrates angevins. En mai, il rencontre le roi de France Philippe Auguste et lui prête hommage pour les comtés d’Anjou, du Maine et de Touraine. 
Jean sans Terre est toutefois le grand gagnant de la compétition puisqu’il devient roi d’Angleterre et duc de Normandie. Il signe son triomphe en mai 1200 au traité du Goulet : Philippe Auguste le reconnaît comme l’héritier de la totalité de l’empire Plantagenêt.

Abandonnés par le capétien, Arthur et sa mère n’ont d'autre choix que de prêter hommage au souverain anglais pour la Bretagne. En septembre 1201, la duchesse Constance meurt. Arthur devient le nouveau duc de Bretagne.

En avril 1202, Philippe Auguste rompt la paix faite avec Jean sans Terre et par conséquent, favorise à nouveau Arthur. Il est proclamé duc de Bretagne, comte d’Anjou, du Maine, de Touraine et de Poitou. Âgé de 15 ans, Arthur peut maintenant jouer un rôle plus actif. Toutefois son élan est vite stoppé : en août 1202, alors que l’adolescent assiège la ville de Mirebeau, Jean sans Terre le capture avec sa sœur, Aliénor. Arthur est emmené à Falaise puis à Rouen pour y être emprisonné sous la garde de son oncle. Il meurt probablement en prison à Rouen, peut-être assassiné à la demande de ce dernier. Il vient d'avoir seize ans.

Guy de Thouars (vers 1152 – † 13 avril 1213)

Blason de la maison
de Thouars
Guy de Thouars est le troisième fils de Geoffroy IV, vicomte de Thouars et d'Aimé de Lusignan. Il est gouverneur du duché de Bretagne de 1203 à 1206 au nom de sa fille Alix.

En 1203, il succède, en qualité de tuteur de sa fille Alix et en tant que régent, à son beau-fils Arthur Ier, assassiné le 5 avril de la même année.
Cependant, Philippe II Auguste, roi de France, use de son influence pour marier Alix au capétien Pierre Mauclerc quoiqu'elle ait été antérieurement fiancée au jeune Henri d'Avaugour.

Guy de Thouars joue un rôle instrumental essentiel dans la conquête de la Normandie par la France en 1204. Il est inhumé à l'abbaye Notre-Dame de Villeneuve près de Nantes (Loire-Atlantique), auprès de son épouse Constance.

Un seul type de monnaie est connu pour cette période, celui à la croix dans un polylobe à la légende DVX BRITANIE / NANTIS ou REDONIS CIVI.
Bigot a tenté une répartition de ces deniers entre Constance, Arthur et Guy. L'abondance de ces monnaies peut permettre d'établir une chronologie relative du type sans que puisse pour autant s'affirmer des attributions précises.

On remarquera que les trésors contenant ces monnaies indiquent une période de circulation qui va de 1213-1215 aux années 1245-1250, ce qui est en contradiction avec l'attribution traditionnelle entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle. Ce type pourrait donc être à réattribuer à Pierre de Dreux. La frappe de ces deniers a également pu se poursuivre sous Jean Ier. On se réfèrera à l'article de Yannick Jézéquel « Réflexions à propos du denier anonyme à la croix dans un polylobe » paru dans les annales 1999 de la SBNH ainsi qu'à l'ouvrage de Yves Coativy « La monnaie des ducs de Bretagne de l'an mil à 1499 » pour se faire une opinion.



Denier
Billon
0,75 g - 19,0 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Jézéquel 34



+ DV (…) TANE
Croix ancrée. Le A est bouleté.
+ NAN (…) CIVI
Croix pattée. Le A est bouleté.

Aspect général : petit manque, faiblesse de frappe importante, concrétions rouilles au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Mme Marianne Lacure



Denier
Billon
0,90 g - 19,5 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Jézéquel 34



+ DVX BRITAN (…)
Croix ancrée. Le A et le N sont bouletés.
+ NANTIS CIVI
Croix pattée. Le A et les N sont bouletés.

Aspect général : flanc un peu éclaté, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions vertes au revers.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Christophe Dernbach



Petit denier
Billon
0,95 g - 19,5 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Jézéquel 35 a



+ DVX BRITANE
Croix dans un polylobe. Le N est bouleté.
+ NANTIS CIVI
Croix pattée. Le A et les N sont bouletés.

 Le diamètre du grènetis est de 9 mm contre 10 mm pour le grand denier.

Aspect général : très légère faiblesse de frappe.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Stevan Veillerant



Petit denier
Billon
0,80 g - 19,0 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Jézéquel 35 a



+ DVX BRITANE
Croix dans un polylobe. Le A est bouleté.
+ NANTIS CIVI
Croix pattée. Le A et les N sont bouletés.

Le diamètre du grènetis est de 9 mm contre 10 mm pour le grand denier.

Aspect général : flanc un peu éclaté, frappe décalée au revers, légère faiblesse de frappe, concrétions rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : THIERRY DUMEZ NUMISMATIQUE



Petit denier
Billon
0,80 g - 20,0 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Jézéquel 35 a 



+ DVX BRITANE
Croix dans un polylobe. Le A est bouleté.
+ NANTIS CIVI
Croix pattée. Le A et les N sont bouletés.

Le diamètre du grènetis est de 9 mm contre 10 mm pour le grand denier.

Aspect général : manques, très légère faiblesse de frappe, quelques concrétions rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : Mr François Voisin



Petit denier
Billon
0,80 g - 19,0 mm
Atelier : Nantes
Réf. : Jézéquel 36



+ DVX BRITANE
Croix en sautoir dans un polylobe. Le A est bouleté.
+ NANTIS CIVI
Croix pattée. Les N sont bouletés.

Aspect général : très légère faiblesse de frappe.

Collection de l'auteur - provenance : Béatrice et Patrice Lallot



Denier
Billon
1,05 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 37



+ (…) RITANE
Croix dans un polylobe.
+ R (…) NIS CIVI
Croix pattée.

Aspect général : flanc éclaté, faiblesse de frappe importante.

Collection de l'auteur - provenance : Mme Marianne Lacure



Denier
Billon
0,85 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 37



+ DVX BRITANE
Croix dans un polylobe.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée.

Aspect général : flanc un peu éclaté, petits manques, légère faiblesse de frappe, concrétions vertes importantes.

Collection de l'auteur - provenance : THIERRY DUMEZ NUMISMATIQUE


Denier
Billon
1,00 g - 19,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 37



+ DVX BRITANE
Croix ancrée. Le A et le N sont bouletés.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée. Le S est couché.

Aspect général : flanc un peu éclaté, légère faiblesse de frappe, quelques concrétions rouilles et vertes au droit.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Philippe Vidil



Denier
Billon
0,95 g - 19,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 37



+ DVX BRITANE
Croix bouletée dans un polylobe. Le A et le N sont bouletés.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée. Le N est bouleté.

Aspect général : flanc un peu éclaté, très légère faiblesse de frappe, concrétions noires et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Yoann Bastiancig



Denier
Billon
1,00 g - 20,0 mm
Atelier : Rennes
Réf. : Jézéquel 37 
 


+ DVX BRITANIE
Croix dans un polylobe.
+ REDONIS CIVI
Croix pattée. Le S est couché.

Aspect général : légère faiblesse de frappe, concrétions noires, bleues, brunes et rouilles.

Collection de l'auteur - provenance : Mr Jeremy Tizio-Menut. Trésor de Moncontour.